SEIDOKAN
Jean-Louis ROUBEAU
Arts Martiaux, Reiki et Feng Shui

Jean-Louis ROUBEAU

Professeur d'arts martiaux, maitre Reiki.

Le BUDO

Ce terme désigne en général l’ensemble des Arts Martiaux japonais. C’est une discipline ascétique qu’il est possible de décomposer en deux parties, l’esprit et l’outil. L’esprit est le cadre général dans lequel il évolue et qui fait référence aux Valeurs du Samouraï. L’outil est le média (médium) qui va permettre à l’esprit de se forger.

Dans les Arts Martiaux l’outil est la technique. L’esprit et l’outil ne font qu’un et se développent parallèlement l’un permettant à l’autre d’évoluer. Le corps étant l’instrument de la technique, la technique au service de l’esprit et l’esprit au service de la « VOIE ». La « présence » de l’esprit est permanente dans la réalisation d’un geste et de sa ritualisation. La possession du corps par l’esprit qui fait que chaque geste est empli d’une signification quasi « divine ». Le geste devient pensée. Il y a alors symbiose du corps et de l’esprit. La mort est toujours présente à l’esprit du Budoka et peut-être un but en soi car il est plus digne de mourir que de vivre dans l’opprobre[1].

Un samouraï devait être capable de se donner la mort aussi facilement qu’il était capable de la donner à autrui. L’éducation du jeune samouraï comportait l’art du « Seppuku ».  Le Japon moderne a beaucoup changé. Depuis la fin de l’ère EDO (fin du Sakoku) et le début de l’ère MEIJI, le Japon s’est rapproché de notre mode de civilisation. De ce fait, il y a de nos jours autant de différence entre un Samouraï et l’époque EDO et un Japonais qu’entre un Samouraï de l’époque EDO et un occidental moderne.  Aujourd’hui la Voie doit traduire plus une manière de vivre, d’organiser son existence et de rechercher un but à atteindre qu’un simple chemin ou enseignement à suivre. Cela implique de la part de celui qui veut la suivre une participation de tout son être, corps et esprit, de tous les instants. C’est la recherche d’un Idéal. Il est la résultante des traditions issues de nos propres racines et du fruit de notre éducation et de notre libre arbitre. Il peut être sujet à certaines sollicitations évènementielles ou médiatiques qui le feront évoluer. C’est à chacun en son âme et conscience de définir cet axe de vie et de travailler suffisamment fort et avec la plus grande détermination pour faire de nous un « guerrier » et ainsi de pouvoir atteindre le but fixé. Il n’est plus question de « pratique » mais bel et bien d’un postulat, d’un sacerdoce, d’un art de vivre, d’une ligne de conduite. 

 

Notre civilisation hyper médiatisée, informatisée, « cinématisée » en un mot virtuel nous éloigne, voire nous coupe, de la réalité des choses, des évènements et même de la réalisation de notre propre existence. Tout est consommation, profit et chacun s’active pour récolter ce qui lui semble être son du. Nous avons perdu notre « innocence », au sens propre du terme, notre faculté à sentir et ressentir autre chose que ce que nos sens veulent bien nous laisser ressentir. Il est des choses non décelables par ces mêmes sens mais qui existent. L’air en est un exemple simple mais qui n’est physiquement palpable que lorsqu’il se déplace. Ce dont je veux parler se rapproche plus des sentiments que l’on peut avoir ou ressentir d’un autre être. Dans un premier temps il est facile de savoir ou de découvrir si nous éprouvons tel ou tel sentiment pour quelqu’un (Amour, haine, colère, sympathie etc.).

Dans un deuxième temps apprendre à découvrir si ces sentiments sont réciproques. Certaines sensations permettent de le savoir. Elles font parties de soi, de son être le plus profond, de son esprit que l’on perçoit en son for intérieur. Il est possible de les développer. Nous refoulons dès notre plus jeune âge des sensations, des sentiments car ils ne font pas parti du monde des adultes. Notre civilisation bien cadrée par certains dogmes nous empêche l’accès à notre être profond. 

La voie est la direction que je dois prendre pour faire de ma vie ce que je veux qu’elle soit. Un but à atteindre et un seul. Vous comprenez bien là l’ampleur de la tâche mais aussi son implication dans la vie de tous les jours puisqu’il s’agit d’être pertinent dès le départ. Le but doit être à la fois simple mais ambitieux même si cela peut paraître paradoxal. Un chemin où l’on va vraiment définir son objectif dans l’Absolu, essayer chaque jour en faisant une introspection et une critique de soi, de s’en rapprocher.

Un « but » est constitué de sous éléments qui vont constituer l’objectif. C’est la somme de la réalisation de ces sous éléments qui feront que l’objectif est atteint ou non. Ce nombre est variable en fonction de la perception de chacun, de son éducation en termes de sens des valeurs, et n’est pas exhaustive.

C’est en avançant que l’on peut en découvrir d’autre ou modifier les précédents. Le sous objectif de l’un peut être l’objectif de l’autre. De nos jours c’est l’intérêt particulier de chacun qui est mis en exergue. L’égoïsme comme idéal. Les valeurs fondamentales de notre civilisation sont oubliées. Ces valeurs qui sont aussi des vertus. .

 

[1] Hagakure, Yamamoto Tsumetono

 


Le RITSU ZEN

Le Ritsu Zen (méditation debout) est un élément fondamental de la pratique. 

C'est  la visualisation, l'émission de pensées positives créatrices. 

Le contrôle par l'image Lorsque vous méditez ou faites un exercice de ritsu-zen ou de respiration votre esprit est souvent envahi par des idées dérisoires ou par des préoccupations de travail ou des problèmes personnels. A peine avez-vous réussi à chasser une pensée ou une image qui agitait votre esprit, qu'une autre vous envahit. Que faut-il faire pour mener convenablement ces exercices ? A côté des techniques corporelles, existent aussi des techniques relatives aux perceptions et aux sensations.

Si notre pratique du Budo n'inclut pas cet aspect, il est en vain de chercher la maîtrise ou le contrôle de soi-même. Sans une introspection poussée, certains des exercices que nous faisons habituellement resteront infructueux. L'exercice de ritsuzen. Le seul fait de prendre cette posture et de la conserver 10 ou 15 minutes est utile. Mais la qualité de votre effort change selon l'attitude que vous adoptez. Voici une technique simple qui permettra une première amélioration des résultats de cet exercice. Il s'agit d'une chose toute simple. Vous savez d'ailleurs que les secrets d'un art ne sont jamais compliqués, mais tout simplement difficiles à réaliser.

Un vieux dicton du Budo dit : « Le secret de l'art est comme ton propre cil ». Il se trouve au près de l'oeil mais habituellement on ne le voit pas. Bref, lorsque vous méditez il ne faut pas vous laisser envahir ni par des phrases, ni par des images négatives. Voici une indication très simple, tellement simple qu'elle n'est peut- être pas compréhensible. Je m’explique : Selon moi, l'image et la pensée sont la nourriture du corps et de l'esprit durant la méditation. Je ne connais pas l'état de vide complet, et ne le recherche pas. Or je ne peux vous enseigner qu'à partir de ce que je connais. En tout cas lorsque nous sommes en état de méditation, nous absorbons images et idées d'une façon profonde même sans nous en apercevoir. Ce qui se passe dans notre esprit durant ce moment est très important pour la formation de la perception. Si vous ne pensez qu'à des choses néfastes ou si vous n'évoquez que des images sombres, ces expériences sont à former votre personnalité.

C'est en ce sens que j'ai dit qu'ils sont la nourriture de l'esprit. C'est pourquoi vous devez les contrôler lors de ritsuzen ou d'autres exercices de méditation. Au lieu de lutter en vain pour vider votre esprit, laissez venir les images, en vous décontractant, et chaque fois qu'elles viennent sous forme négative transformez-les. Si la couleur est sombre éclairez-la en imagination. Quel que soit votre goût en matière de décoration, si vous décorez votre esprit, il faut que ce soit de couleurs lumineuses. Si c'est une pensée positive qui vient sous forme de négation, changez-en la forme. Par exemple transformez : « Je ne suis pas mal » en « Je suis bien ». Si la pensée est négative, attachez-vous à une autre idée.

L'efficacité de l'art martial repose sur notre énergie vitale, pour que la méditation nous mène à l'accroître, il faut au cours de celle-ci imprégner notre corps du versant positif des choses. Vous qui êtes si intelligents et si « compliqués », ce que je dis vous paraîtra peut- être naïf, je ne vous contredirai pas, c'est pourquoi j'ai dit que le secret est bien simple. C'est aussi simple que de dire que le secret de l'hygiène est d'enlever la saleté. On peut aussi être efficace en combat en augmentant ses réflexes agressifs, mais l'effet en est transitoire et ce n'est pas le genre d'efficacité que nous recherchons.

D'une certaine manière, l'approfondissement de l'efficacité génère une morale, et lorsqu'on hausse son niveau en Budo, l'existence d'une énergie disponible engendre une générosité spontanée. C'est ainsi que je comprends le vieux dicton du sabre japonais : « Celui qui n'a pas l'esprit correct ne peut pas aller loin dans la voie ».

Document d'archive écrit en mars-avril 1987 par Kenji Tokitsu - publié dans Bulletin de liaison Shaolin-mon n°4

Kenji Tokitsu (時津賢児) (1er août 1947), pratiquant d'arts martiaux et chercheur, est le créateur de l'Académie d'arts martiaux Tokitsu-Ryu. Né au Japon, diplômé de l'université Hitotsubashi, il se rend en France pour poursuivre ses études et s'y installer en 1971. Initié au Karaté Shotokan, il finira par s'en éloigner pour rechercher sa propre voie en étudiant les anciens katas d'Okinawa, le Kung Fu, le Taichi chuan, le Kendo, ainsi que différentes méthodes de santé. Le Tokitsu-Ryu est la somme et la synthèse personnelle de ses recherches martiales qui veulent allier l'efficacité du combat et la quête d'un équilibre harmonieux chez l'être humain. Kenji Tokitsu est en outre un universitaire reconnu dans le domaine des arts martiaux : sa traduction du Traité des cinq roues (Go rin no sho) de Musashi Miyamoto et ses ouvrages sur le Karaté sont considérés comme des références.

Source Wikipédia

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Un_ancien_traité_de_Taiji_Quan.pdf (665 Ko)

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